« Le courageux est le partenaire de la grâce » – Cynthia Fleury

"Cette flamme, c'est elle qui éclaire dans la nuit de l'exil le papier sur lequel j'écris en ce moment.(...) Cette voix qui proteste dans l'ombre c'est la mienne..."
(Victor Hugo, cité par Cynthia Fleury dans La fin du courage, Ed. Le livre de Poche, 2010, page 173.)

     Mon oreille, familiarisée depuis l’enfance avec les « sons »  (et ceux en particulier de la musique que j’apprenais), a capté, depuis que j’ai commencé à écouter Cynthia Fleury, une forme de puissance qui touche ; sans doute grâce à sa manière de manipuler le verbe et les mots – qui, par son intermédiaire, reviennent à leur genèse, à leur étymologie, et partant, font émerger le sens.
Les mots sont présents sur un fond de « poésie » en filigrane. Elle n’est pas directe, elle est présente tel un rideau blanc en voile, que le vent fait bouger, onduler légèrement devant une fenêtre ouverte, un après-midi d’été, dans un endroit calme (ville ou maison en campagne) ; un rideau qui nous transporte doucement, légèrement. Tout en faisant passer un air réchauffant, de ces airs estivaux méditerranéens où la chaleur est enveloppante et le corps réchauffé. Des soleils oubliés de pays lointains, à peine vraiment connus.
Ou, la fraîcheur de la campagne dans des maisons en pierre ou en brique, du Sud-Ouest de la France par exemple, où les corps peuvent se détendre dans les après-midi de juillet et août, à l’heure de la sieste, enveloppés de peu et de beaucoup : la belle verdure, parfois encore abondante, des arbres autour, quelques oiseaux œuvrant  autour de leurs nids,  un air rafraîchi dans ces maisons douces. On voit le soleil à travers les volets semi fermés, on se délasse…

Mais c’est aussi ce fond imaginaire en filigrane, qui évoque les nuits. Une lumière basse, les livres qui meublent une pièce, un bureau, une plume, et la Pensée.
De nos temps modernes, nous ajoutons la présence d’un ordinateur, ouvert sur le monde via la Toile. Mais toujours une austérité : celle du travail avec les mots et la pensée – une austérité qui ne change pas tellement à travers les siècles, presque la même, mélange du passé et du présent. Presqu’une fusion entre cet hic-et-nunc et ces temps anciens qui diffusent encore leur lumière en nous, à travers les œuvres et une effusion de symboles, tel un ciel étoilé.

 

C’est avec ce fragment d’imaginaire (car il y en a d’autres en fonction de l’orientation dans l’œuvre), que je lis actuellement les œuvres de Cynthia Fleury, (parfois d’une manière ordonnée : un seul livre à la fois, et parfois d’une manière plus « désordonnée » – par envie, grande curiosité de découverte – : en passant d’un livre à un autre.)

Lire et écouter Cynthia Fleury devrait faire l’objet d’une « ordonnance »* par les médecins généralistes, voire les psychiatres du futur (– que j’espère proche ! Soyons follement optimistes! ). Car, se nourrir de cette pensée équivaudrait à la prise de « cachets » à forte capacité thérapeutique et guérisseuse !
La pensée que la philosophe porte et transmet grâce à son verbe, écrit ou dit, comporte, de mon point de vue, des substances actives.
* De plus, cela coûtera moins cher à la Sécurité sociale de notre pays… (toujours dans la logique de l’optimisme fou…).

J’ai rarement été touchée par une telle découverte ! Touchée jusqu’à l’émotion pour des raisons diverses parmi lesquelles ce lien fort entre la Pensée et l’Imaginaire – générateur d’émotion esthétique. C’est une pureté que j’ai rarement rencontrée ailleurs…
Nous sommes en présence d’une pensée** fertilisante, riche, à forte capacité régénératrice, si on y prête l’oreille en toute confiance.
Elle est régénératrice également pour notre citoyenneté et nos êtres qui sont mis à mal par tous les courants (- image maritime- ) de la vie politique, sociale et économique en France, suffisamment perturbée et trouble. Ce souffle nous ramène aux fondamentaux. A quelque chose de vital, à la santé et à la Beauté, et à une autre manière de vivre le Temps.

Tant de pensées-substances dans les livres de Cynthia Fleury, qui me donnent envie d’en créer – tels des tisserands sur leur métier à tisser – une sorte de tapisserie à l’image d’œuvres que j’aime tant, La Dame à la Licorne par exemple… Une pensée en images ! Quelle perspective!
Je me contente ce soir d’un aperçu rapide. Afin juste de souligner cette force, ce souffle qui nous traverse, ouvrir la fenêtre et attendre l’air qui va rentrer…

(**Je désigne l’ensemble du travail de Cynthia Fleury.)

Extraits :

« le courageux sait qu’il doit lui-même le [kairos] produire, qu’il faut agir comme si l’instant n’existait pas, comme si la grâce n’advenait pas. Il sait qu’il est lui-même l’agent fécondant susceptible de créer des instants dans lesquels l’accès au présent et à soi-même est possible »
(…) Le courageux sera donc le partenaire de la grâce, son compagnon, une sorte de principe actif. Le hasard ne se féconde pas seul. Et le courage reste un ensemencement possible de la grâce. » 1

– « Garder, par devers le soi meurtri, ce qui féconde le soi. Pour Bauman et Steiner, le langage est une pharmacopée. » 2

– « En abrégeant un mot, on abrège sa potentialité herméneutique. »3

« Le témoin, c’est d’abord la puissance d’un regard, la validité d’une vision. Dans ce monde mis en spectacle où les regards tournent court, il n’y a plus de témoins. C’est pourquoi la critique imaginale impose, comme premier défi, la redéfinition du témoin. L’être devient sujet parce qu’il devient témoin, parce qu’il contemple le monde (la contemplation étant une réflexion qui « donne à voir »). Il ne contemple pas le monde comme un spectateur. Il participe de la réalité même du monde parce qu’il la contemple. Son regard n’est pas regard sur le réel ; il est ce qui fonde le réel, tout autant que le réel lui-même. C’est pour cette raison que Dieu, dans les philosophies soufies, « aime à être connu ». Il poursuit ainsi sa création par l’intermédiaire des regards aimants, grâce à ceux qui savent faire de l’amour le transfert cognitif. C’est dans les yeux des soufis que le phénomène trouve son salut. Le témoin se définit comme tel parce qu’il est lieu de manifestation. » 4

1 Cynthia Fleury, La fin du courage, Ed. Livre de Poche, 2010, p.95-96.
2 Cynthia Fleury, Les irremplaçables, Ed. Gallimard, 2015, p. 110.
3 Ibid., p. 105.
4 Cynthia Fleury, Pretium doloris, L’accident comme souci de soi, Ed. Pauvert, 2002, p. 171-172.

Auteur de l'article : Rawa-Marie Pichetto

JOURNÉE MONDIALE DES RÉFUGIÉS – 20 JUIN 2018 TOULOUSE

DANS LE CADRE DE LA JOURNÉE MONDIALE DES RÉFUGIÉS  – MERCREDI 20 JUIN 2018 

visuel migrants

A / RENCONTRES ATHENA de 14h30 à 16h30

A l’occasion de la journée mondiale des réfugiés l’Ordre des Avocats organise :

  •  des consultations gratuites dédiées. Elles se dérouleront le mercredi 20 juin 2018allées François Verdier, sous deux pagodes, près de la Préfecture à Toulouse, de 9h30 à 13h30.
  • Un débat, d14h30 à 16h30, à la maison de l’avocat, salle Furbury-Lamouroux, 13 rue des Fleurs à Toulouse. Seront à la tribune : Julien Brel, avocat, sur l’évolution de la défense des demandeurs d’asile, Mme Julia Schmitz, maître de conférences à l’université de Toulouse Capitole, sur le projet de loi Collomb et les évolutions des statuts de demandeur d’asile et de réfugié, un représentant d’Amnesty international sur la place de la société civile dans la protection des réfugiés.

Entrée libre et gratuite.

B / DE 17h00 à 22h00 PLACE SAINT-PIERRE :

UN COLLECTIF D’ASSOCIATIONS ORGANISE UN EVENEMENT A TOULOUSE

Solidarité et convivialité…

Pour la deuxième année consécutive dix-huit associations toulousaines de soutien aux exilés joignent leurs efforts pour organiser à Toulouse un événement symbolique et festif afin de promouvoir l’accueil digne, chaleureux et bienveillant de toute personne venant d’ailleurs.

Face à des visions souvent négatives et erronées, l’objectif est de changer les regards et faire disparaître les clichés pour favoriser la rencontre.

Accueillir est un geste chaleureux. Les associations proposent de célébrer cette journée de façon festive : musique, danse, théâtre, témoignages, expositions, vidéos et stands d’informationsattendent les participants !

Dès 18h30, une déambulation animée avec l’ensemble des personnes présentes est prévue dans les rues avoisinantes

La France, terre d’accueil depuis des années…

La Journée mondiale des réfugiés est célébrée chaque année le 20 juin partout dans le monde. La date de cette journée à l’initiative de l’ONU, coïncide avec le jour de l’adoption de Convention de Genève de 1951 relative au statut des réfugiés. Ce texte, initialement prévu pour protéger les réfugiés de la seconde guerre mondiale, impose aux Etats et donc à la France de protéger les personnes réfugiées sur son territoire.

Quelques chiffres marquants :

  • La France, 1ère destination touristique au monde : 89 millions de touristes en 2017
  • En 1935, la France accueillait 50 000 réfugiés juifs et 800 000 migrants économiques Italiens
  • Entre 1936 et 1939 400 000 Espagnols se sont réfugiés en France
  • il y a eu 100 000 demandeurs d’asile en France en 2017
  • Entre 30 000 et 40 000 personnes ont obtenu le statut de réfugié politique en 2017
  • il y a de 300 000 à 400 000 sans-papiers sur le territoire

Les migrants : des humains ayant des droits…

De nombreux enfants, femmes et hommes qui ont réussi à atteindre la France, souvent au risque de leur vie, voient leurs droits les plus fondamentaux méprisés sur notre territoire. Cette dangereuse dérive de L’État de droit nous concerne tous.

« Nous pensons qu’un étranger n’est pas un envahisseur, « une bouche de plus à nourrir » ni même un « problème » pour notre société. Il est une compétence de plus, un talent supplémentaire, une ouverture vers d’autres cultures et une contribution à la construction sociale.

Faisons de l’accueil une force pour notre pays ! » [Le Collectif d’associations]

Associations participantes :


Amnesty International / Avocats sans Frontières France / Cercle des Voisins du Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu / Cités Unies France (CITES) / Etats Généraux des Migrations (EGM) / Fédération des Conseils de Parents d’Elèves (FCPE) / Forum Réfugiés/Cosi / La Cimade / Ligue des droits de l’Homme (LDH) / Médecins du Monde / Mouvement du Nid / Pas Sans Toit 31 / Réseau des Etudiants Toulousains en Soutien aux Exilés et Réfugiés (RETSER) / Réseau Education Sans Frontières (RESF) / Secours Catholique – Caritas France / Secours Catholique – Caritas France Youngs / SOS Méditerranée / Sport international solidaire (SPORTIS).

Blog de Rawa-Marie Pichetto

 

Écriture spontanée, sans fioritures…

Ce blog est un récit.

Le récit de « personnages en quête d’auteur », comme dirait Pirandello…
Il s’agit de passer l’énergie sous forme de mots et d’images qui eux-mêmes vont pouvoir la recréer à nouveau. C’est toute la difficile alchimie du Verbe et de ses diverses articulations.
Alchimie que l’on trouve au théâtre.
Les planches m’ont appris ce mystère incroyable que l’on trouve dans les mots. Ces mots qui nous touchent, nous caressent, nous procurent du plaisir. Les mots qui parviennent à notre peau, sensuellement parfois. Et nous n’en sortons pas indemnes.
J’emprunte à tout ce monde de la scène – théâtre, cirque, danse, théâtre dansé, etc. – sa magie ; afin qu’il en tombe par-ci et par-là, dans ces mots que je crée, par-ci et par-là… 

Nathalie Bontemps – Gens de Damas

 

L’Esprit libre participe à la rencontre avec l’auteure et la traductrice Nathalie Bontemps autour de son livre « Gens de Damas », éditions Al-Manar, 2016, le 29 mars 2017 à l’Espace Diversités Laïcité à Toulouse. Rencontre initiée et organisée par le Collectif Toulouse Syrie Solidarité en partenariat avec la librairie Terra Nova.

« Nathalie Bontemps a vécu huit ans, de 2003 à 2011, à Damas. Dès 2005, elle commence à écrire sur la ville et ses habitants, « pour renouveler mon rapport au lieu et aux gens », dit-elle. Elle va dans les différents quartiers de la capitale syrienne, rencontre des hommes et des femmes, rend compte de leurs vies, de la banlieue de Jaramana au camp palestinien de Yarmouk en passant par le quartier kurde ou l’ancienne cité. Rentrée en France, depuis Saint-Denis où elle vit, elle n’a jamais oublié ce qu’elle a vécu là-bas. Aujourd’hui paraît son livre, Gens de Damas, aux éditions Al Manar (…). De sa belle écriture aux accents poétiques, sous forme de petites nouvelles ou récits, elle livre ces instantanés de vies qui éclosent malgré la dureté du régime avant d’être meurtries par la guerre. On y suit divers personnages, comme la femme engagée, qui se fond dans la foule pour communier avec elle, ces quartiers fermés où, « pour entrer, il faut déjà être entré », ce Kurde qui traduit Dostoïevski le lundi et vend des chaussettes devant la mosquée le mardi, ces femmes résistantes, prises d’angoisse mais qui vont aux manifestation du vendredi soir, pour lutter contre un régime qui, « quand les enfants jouent à la révolution dans la cour de l’école, les met dans des vraies prisons »…

Le dernier chapitre du livre, « 2013 se termine », écrit à Saint-Denis, aurait pu s’intituler » Que sont-ils devenus ? » « Les photos des amis prisonniers, disparus, décédés, sont toujours joyeuses, prises un jour d’été dans la nature », écrit Nathalie Bontemps. La femmes engagée, palestinienne, perd une deuxième fois son pays. L’auteure se souvient d’un temps où « la gaîté était si vive qu’elle prenait des allures subversives ». De là-bas, on lui crie : « Comme Damas me manque ! Pourtant j’y suis toujours ! » L’exil absolu. » (https://www.editmanar.com/) 


http://toulousesyriesolidarite.blogspot.fr/ 

http://www.librairie-terranova.fr/

 


affiche_rencontre Nathalie Bontemps_29 mars 2017

Vire la haine !

Ma vie s’est partagée entre deux passions, la musique et la cuisine. N’ayant jamais écrit autres choses que des saveurs, des sons pour, de temps en temps, générer de l’harmonie, je me sens démuni, avec cette plume, ce soir.

Je voudrais simplement vous dire que la cuisine et que la musique n’ont jamais eu de patrie, qu’elles n’ont jamais été bleu, blanc, rouge et qu’elles n’auraient pu s’épanouir sans liberté.

Je voudrais simplement vous dire que quand le soleil se couche pour moi, il se lève pour un autre, quand un Mozart se joue, son génie, sa transcendante fraternité est perçue de tous les peuples, quand un oignon rissole dans quelque huile que ce soit, l’appétit vient au monde entier.

Je voudrais simplement vous dire, malgré votre étonnement pour cet étrange appariement entre Mozart et une odeur, que l’harmonie, après laquelle j’ai toujours couru, est ce devoir que nous avons, cette impérieuse nécessité devrais-je dire, d’aider, d’assister l’autre vers sa liberté absolue de conscience, vers l’administration exacte de ses choix, dans l’absence de tous dogmes, vers ce plaisir de découvrir sans cesse et sans fin ce qui se fait ailleurs, ce qui s’écoute ailleurs.

Je me sens démuni, avec cette plume, ce soir, moi le vieux charentais, parce que la haine n’aime pas l’odeur, elle n’aura jamais de grands cuisiniers et ne servira que de spartiates brouets à de brunes et décervelées phalanges, elle n’aura jamais de grands musiciens car portée fait oxymore avec barbelé.

La haine n’aura jamais d’artistes.

La haine ignore la spiritualité qui nous unit, nous créateurs, nous acteurs de vie, elle ignore l’histoire de l’homme, abolit jusqu’à la génétique qui nous fait.

La haine, mes enfants, réécrira, si nous la laissons faire, l’origine des végétaux et des animaux qui peuplent nos assiettes, une blanche vaudra vraiment deux noires et là, là, nous serons coincés, murés dans les silences qu’elle imposera à nos partitions, morts de n’avoir su générer l’harmonie.

Ma vie s’est partagée entre ces deux passions.

Mon coeur, lui, ce soir, usé et fatigué, n’est pas partagé, il bat encore et je l’entends qui tambourine à la porte de mon âme et lui crie:

Vire la haine pour que vive l’harmonie!

Bernard Pichetto – 2002

Appartenance

APPARTENANCE   –   Sans date

Biologiquement, j’appartiens à l’espèce humaine.

La « patrie » est pour moi l’appartenance à tout ce que j’aime, à tous les lieux et les gens qui m’ont accueillie avec beaucoup de générosité, d’amour et de tendresse. A chaque personne qui m’a dit un mot gentil et touchant.

J’appartiens aux arbres des bois, qui nourrissent mon corps et oxygènent mes poumons.

J’appartiens aux fruits et aux légumes et à toutes ces belles choses.

Et si on me demandait : «  A quelle espèce tu aurais voulu appartenir si on t’avait laissé le choix? », j’aurais sans doute dit : aux papillons… , ils sont beaux et surtout légers… Mais aussi aux sons du piano, qu’on entend mais qu’on ne peut voir… et dont la présence est si légère…

Ne me parlez pas d’identité !
Parlez-moi de vous, de votre chaleur, de vos cœurs… De vos sourires, de vos enfants et de vos fleurs…
C’est un peu ça l’identité… : une culture perpétuellement ensemencée.
Et comme l’avait joliment dit le poète palestinien Mahmoud Darwich dans son poème Passeport :  » Tous les cœurs des Hommes composent ma nationalité. Alors, ôtez-moi ce passeport!  »
Alors, ôtez-moi de vos mots en corset serré. Ouvrez les portes vers l’étendue. Nous y trouverons vie et respiration.

Rawa-Marie Pichetto

« L’amour du théâtre est inséparable d’un sentiment de fraternité  » Louis Jouvet

« Tout le théâtre n’est qu’amitié – à part ceux qui discutent pour avoir raison et qui perdent cette amitié, par vanité ou amour propre. »

Louis Jouvet dans Ecoute mon ami.

« L’Esprit Libre » est née, à la base, de passions communes autour des livres… Le livre, cet objet-ami bien précieux. Nous étions plusieurs ami-es à partager amour de la connaissance, des cultures, de l’art, de la gastronomie, des épices, etc.
Nous voulions créer notre propre librairie dans un contexte où le livre commençait à trouver ses acheteurs sur la toile plutôt que dans les librairies indépendantes. La poussière s’est accumulée sur cet « Esprit libre » jusqu’à ce qu’une rencontre, entre un bistrot toulousain et une planche de théâtre lui ait permis de revoir la lumière…

Dans le contexte actuel où les identités se crispent, où les guerres s’accumulent, où les peuples fuient l’horreur, nous avons envie d’ouvrir des ponts… L’Esprit libre – Fraternité sans frontières est née de cette envie de partage, d’ouverture…

Pourquoi commencer par cette citation de Louis Jouvet ? Parce que le théâtre est ce lieu où l’on s’abandonne, où on quitte sa peau pour devenir un autre. Spectateurs et comédiens voyagent dans les identités. On écoute dans le silence de la salle. La voix porte l’autre vers l’autre. Elle transmet une vie qui nous paraît au début peut-être étrange, puis petit-à-petit devient familière. Le théâtre est un moment de complicité et d’amitié, comme dit Louis Jouvet.

Paul Valéry écrivait : « Les mots sont des planches jetées sur un abîme, avec lesquels on traverse l’espace d’une pensée, et qui souffrent le passage et non point la station. » Les mots sont un « jeu » subtil. Nous n’aimons pas y être figés. Nous les aimons libres et fidèles à nos êtres réels et changeants.

Bienvenue !